IN/FLUX : MEDIATRIPS FROM THE AFRICAN WORLD


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IN/FLUX est le premier DVD d’une série de trois volets dont l’objectif est la présentation d’une collection d’œuvres vidéo et de films expérimentaux issus du continent africain et de la diaspora africaine. Coédité par Sparck etLowave, le label friand des images alternatives, le premier volet est axé autour de la thématique du déplacement et nous offre les propositions vidéos de dix artistes issus de six pays différents : Dineo Seshee Bopape, Stacy Hardy & Jaco Bouwer, Khaled Hafez, Ismail Farouk, Mowoso, Neil Beloufa, Goddy Leye, Nastio Mosquito, Ahmed El Shaer et Julia Raynham. Dix regards différents, complémentaires et engagés sur une Afrique bouillonnante et surprenante (1). Voici quelques notes de présentation de chacun des artistes sélectionnés pour ce premier volet.

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Dineo Seshee Bopape (née en 1981, à Polokwane, Afrique du Sud) a fait ses études à Amsterdam puis à New York. Artiste multimédia, elle a pourtant une prédilection pour l’art vidéo. La plasticienne écrit :

L’une de mes premières préoccupations est de savoir comment raconter une histoire, comment dé/re/contsruire une histoire… comment raconter une vieille histoire à nouveau. Comment oublier et comment se souvenir. […] Une mémoire effacée, ou en processus d’effacement ou de remaniement… comme dans une situation in/post traumatique. Lorsque le « sens » est quelque peu déformé et de là émerge quelques trous (des espaces de rien et des choses qui ne veulent rien dire) qui échouent à occuper l’espace dans le visible/sensible (2).

Le titre de la vidéo, Under All Means Necessary – 2006, est extrait d’un discours de Malcolm X et inspiré d’une chanson de Macy Gray. L’artiste est au centre de l’écran, en noir et blanc, elle secoue sa tête, lentement, puis vigoureusement. Ses longues tresses claquent. Saturation des images et des sons, apparitions de couleurs. Respirations sereines et halètements hystérico-psychédéliques s’entrechoquent. Le son devient image, la couleur et les mouvements deviennent sonores. Dineo Seshee Bopape procède à une déconstruction et à un brouillage des images, au fur et à mesure sa propre image se fait subliminale.

Stacy Hardy (née en 1973, à Polokwane, Afrique du Sud) est auteur, journaliste, engagée dans le théâtre et vidéaste. Rédactrice et chercheuse pour la revue panafricaine Chimurenga, elle participe au renouvellement critique et artistique de la scène sud-africaine.

Jaco Bouwer (né en 1973, Afrique du Sud) est dramaturge, acteur, performeur et vidéaste, spécialisé dans le film expérimental et le film d’animation. Ensemble ils ont produit I Love You Jet Li – 2005 à l’occasion du Festival international du film à Rotterdam, il a ensuite été récompensé comme meilleur film expérimental à Santiago lors du Festival Chilien International du Court-métrage (3). Une femme vêtue d’un jogging rose, déambule pieds nus dans les couloirs d’un aéroport africain. La voix d’une narratrice, âgée de 16 ans, nous informe de ses problèmes de santé et de ses relations amoureuses et sexuelles. Les amours adolescents font place à ceux d’une jeune femme puis à ceux d’une femme. Au fur et à mesure de son récit nous comprenons que la voix est celle de la femme que nous observons. Elle fait état de ses multiples échecs amoureux, de ses déceptions. Invisible, humiliée, battue, déconsidérée, elle entre dans une longue dépression. A l’écran ses yeux sont remplis de larmes. Elle se réfugie dans le cinéma en engloutissant tous les films du vidéoclub de son quartier. Là, elle regarde Kung Fu Cult Masters et tombe immédiatement amoureuse de Jet Li. « J’aime la précision, le silence de son corps lorsqu’il attaque. » Elle lui écrit une lettre lui indiquant qu’elle vient le rejoindre en Chine et qu’elle espère le rencontrer enfin.

Parallèlement à ses études de médecine Khaled Hafez (né en 1963, Le Caire, Égypte) suit des cours à l’école des Beaux-arts du Caire. Il développe un langage plastique original, tant en peinture qu’en recherches vidéos, en alliant la mythologie égyptienne et celles des supers héros issus de la bande dessinée.
Le titre de la vidéo, The A77A Project (On Presidents and Superheroes) – 2009, est basée sur une approche linguistique ironique. « A77A » en langage de blogger signifie ain en arabe, fuck en anglais, putain en français, cazzo en italien etc. Khaled Hafez s’est servi d’images postées sur des blogs égyptiens, il les a retouchées et les a inscrites dans de nouveaux paysages et de nouveaux environnements. La bande sonore est construite à partir du discours de Nasser en 1967 où il annonçait sa démission, « I decided to resign ». Hafez a décomposé le mot resign, qui une fois fragmenté, répété et découpé donne res ain ain ain ain (fuck fuck fuck fuck). Conçu comme un clip vidéo, The A77A Project (On Presidents and Superheroes) est un commentaire ironique et humoristique sur le délabrement de la société égyptienne.

La suite du texte ici :  http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=10060      

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