Compte rendu exposition /// Laurent Millet ————–> Musée des Beaux-arts Angers /// INFERNO


Mon Histoire avec les Pierres-Laurent Millet - 1999 -_640

Mon Histoire avec les Pierres, tirages argentiques, techniques mixtes, 1999.

Le Musée des Beaux-Arts d’Angers abrite jusqu’au 16 novembre 2014, une exposition-rétrospective de l’œuvre de Laurent Millet (né en 1968, vit et travaille à La Rochelle). Les Enfantillages Pittoresques rassemble 200 pièces au creux de trois espaces retraçant l’évolution d’une œuvre depuis 1997 jusqu’à aujourd’hui. Photographe et vidéaste, Laurent Millet travaille l’image : la technique, la composition, l’effet. Inspiré par la nature, il développe une réflexion non seulement fondée sur l’image, mais aussi sur le temps et l’existence.

 Par ses choix techniques, Laurent Millet puise dans l’histoire de la photographie. Il revisite des techniques anciennes comme le calotype (réalisation d’une photographie par contact direct avec le négatif papier), l’ambrotype (photographie réalisée à partir d’une plaque de verre), le cyanotype (technique permettant d’obtenir un tirage photographique bleu cyan), mais aussi des techniques actuelles comme la piézographie (impression à partir de pigment pur de charbon). De la chambre photographique à soufflet à l’appareil numérique, l’artiste explore toutes les pistes pour la réalisation de ses images. Celles-ci, principalement du noir et blanc, modifient notre perception des corps, des objets et des perspectives.

5mai_640

Petites Machines Littorales, tirages argentiques, Produit avec la participation du Musée Nicéphore Nièpce, Chalon sur Saône, 1997. Petites Machines à Images, texte de François Seigneur, Editions Filigranes, France, 2008.

 Lors de longues balades dans la nature, il observe les paysages, procède à des cadrages et à de longues prises de vue afin d’obtenir le lieu idéal pour construire des silhouettes architecturales. À la surface de l’eau, il élabore des architectures précaires formes de branchages, de fils de fer et de cailloux (Petites Machines Littorales – 1997). Comme une réminiscence de notre instinct de construction (bâtir une cabane dans un arbre, faire jaillir un château du sable), il trace les contours de Cabanes (2000) sur le fil de l’eau, il installe des pièges de chasse impraticables (La Chasse – 2002). Les architectures, poétiques et graphiques, sont réalisées à partir de matériaux pauvres, récoltés in situ. Avec discrétion et modestie, il intervient dans le paysage pour dessiner l’espace de l’image. Le dessin est d’ailleurs épuré au maximum dans la série Please Hold The Line (2009) où seule la ligne résiste au brouillard.

38s_640

La Chasse, tirages argentiques, 30x40cm, Produit avec la participation du Théâtre La Passerelle, Gap, 2002.

 Avec sa caméra, il filme des microphénomènes, des gestuelles inaperçues : le squelette d’un oiseau flottant à la surface de l’eau (Ô gué ma mie Ô gué – 2006), le vol frénétique des étourneaux, la course des nuages, un champ de fleurs ou encore un paysan mettant le feu à ses rances d’herbes fauchées (Les Tempestaires – 2003-2007). Dans la lignée des artistes pionniers du Land Art (Dennis Oppenheim, Richard Long, Hamish Fulton, Andy Goldsworthy) Laurent Millet arpente les paysages et génère des transformations éphémères. Les photographies attestent d’un engagement de propre corps. Nous l’observons ainsi capturer le souffle du vent au creux d’une voile blanche (Wind Traps – 1998), manipuler et expérimenter les pierres (Mon Histoire avec les Pierres – 1999). Les deux séries sont nourries par un dialogue intense entre le corps de l’artiste, les éléments, les matériaux naturels, le dessin et l’écriture. Avec une visée minimale, la série Translucent Mould of Me (2013) retient la relation troublée entre le corps nu de l’artiste et la ligne tracée dans l’espace. Plus étonnant, la série intitulée L’Herbier (2008-2011) où des photographies de fragments du corps de l’artiste s’hybrident avec des peintures inspirées par l’imagerie scientifique. Les frontières sont brouillées, la fusion est totale.

« Les enfantillages pittoresques », Laurent Millet. Show at the museum of fine arts of Angers, France, from may 17th up to november 16th 2014. Curator: Christine Besson, scenography: Pascal Rodriguez.

 Le dessin, le paysage, le geste, l’architecture et le corps structurent l’œuvre de Laurent Millet. Les Enfantillages Pittoresques (en référence à Erik Satie) met en lumière une pratique humble et délicate où la fragilité, la sincérité et la ferveur de l’enfance sont ranimés au profit d’une réflexion où poésie, philosophie et image interagissent.

la cte sauvage-1998_640

Série produite avec l’aide du Musée Nicéphore Nièpce, Chalon sur Saône, France. Wind Traps, tirages argentiques, techniques mixtes, dimensions variables, 1998.

L-Herbier-2007_2010- tirage numrique rhauss- 30x42cm 6s

L’herbier, tirages numériques, peinture, 30x42cm, 2011.

——————————————————————————————————————–

Exposition / Les Enfantillages Pittoresques

17.05.2014 – 16.11.2014

+ Musée des Beaux-Arts d’Angers / http://musees.angers.fr/expositions/en-ce-moment/laurent-millet-les-enfantillages-pittoresques/l-exposition/index.html

++ LAURENT MILLET / http://www.laurent-millet.com/

+++ http://laurentmillet.tumblr.com/

 

++++ La Galerie Particulière / http://www.lagalerieparticuliere.com/

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :