FACE A L’OUBLI /// VIRGINIE MAILLARD


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Voyager en France, en Europe et ailleurs pour photographier les lieux, les édifices, les ruines d’un patrimoine suspendu dans le temps. Des usines, des bâtiments administratifs ou agricoles, des vestiges de la seconde guerre mondiale, des dépôts désaffectés, tels sont les lieux de prédilection de la jeune photographe Virginie Maillard. L’artiste va à la rencontre de territoires privés d’activité humaine et de l’oublié pour les réactiver. Dans la série intitulée Anamnésie Land, elle incruste sur ses photographies des mots sous formes de néons publicitaires : colorés et lumineux. Les mots en questions font partie de notre environnement quotidien, ils sont urbains et sont devenus les synonymes notre société de consommation.

L’artiste a d’ailleurs choisi des mots anglophones pour leur caractère universel et le lien évident avec la globalisation dont la langue anglaise est le langage. Des mots qui abordent tour à tour notre relation avec la santé, la justice, l’éducation, l’érotisme, l’argent ou la religion. Les mots néons sont les vecteurs d’une superficialité qui contraste avec les lieux emplis d’une certaine désolation. Leur identité urbaine s’impose sur des bâtiments périphériques ou isolés dans la nature. Que faire de ce patrimoine oublié ? Virginie Maillard joue avec les mots pour donner une connotation politique ou caricaturale aux édifices. Politique lorsqu’elle fait allusion aux services de l’immigration, par conséquent aux centres de rétention des immigrés. Caricatural lorsqu’elle appose les termes psychoanalyst ou erotic room sur les frontons d’anciennes usines. Elle a posé son attention et son objectif sur ses espaces dont la vie s’est suspendue avec l’arrêt de leurs activités, des espaces dont plus personne ne se souci. Elle y a introduit un autre questionnement en photographiant les bâtiments de guerre construits de la seconde guerre mondiale : des blockhaus, les baraques de Birkenau etc. Apposer des mots en néon sur ce type d’édifices peut au regard du spectateur poser un problème d’ordre éthique, a-t-on le droit de les considérer au même titre qu’une usine ou un dépôt abandonné ? L’intention de l’artiste n’est certainement pas de choquer le spectateur mais au contraire de le faire s’interroger sur ces lieux hautement symboliques. Tous ces lieux font partie d’une histoire humaine que l’artiste interroge avec les ses mots néons. En plus de cette réflexion sur un patrimoine isolé, elle a voulu donner une dimension cinématographique aux lieux par le biais d’une lumière sombre et un aspect métallique. Virginie Maillard questionne le vide et l’oubli par le biais d’une esthétique cinématographique où les lumières et couleurs métalliques accentuent une déshumanisation fantomatique.

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Plus d’informations sur Virginie Maillard ici : http://virginiemaillard-photographie.com/

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