[EXPOSITION] SANS TAMBOUR NI TROMPETTE – Cent ans de guerres [Chap.4] /// Musée Massey & Centre d’art contemporain Le Parvis – Tarbes


David Brognon & Stéphanie Rollin [ G ] efangene : Prisoner (2017)

SANS TAMBOUR NI TROMPETTE – Cents ans de guerres [Chap.4]

Musée Massey – Musée International des Hussards  / du 22 septembre 2017 au 7 janvier 2018

LE PARVIS – Centre d’art contemporain / du 13 octobre 2017 au 13 janvier 2018

Artistes invités / Giulia Andreani – Sammy Baloji – Léa Belooussovitch – David Brognon & Stéphanie Rollin – Morgane Denzler – Léo Dorfner – Harald Fernagu – Charles Fréger – Agnès Geoffray – Marco Godinho – Lebohang Kganye – Kapwani Kiwanga – Léa Le Bricomte –  Sandra Lorenzi – Lucien Murat – Estefania Penafiel Loaiza – Régis Perray – Michèle Sylvander – Erwan Venn.

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Agnès Geoffray
Der Soldat ohne Namen – 2017

Conçue comme une réponse au centenaire de la Première Guerre Mondiale, Sans tambour ni trompette – Cent ans de guerres permet de revenir sur la Guerre des Tranchées, mais surtout sur les guerres qui l’ont suivi. Aux quatre coins du monde, les conflits n’ont pas cessé, l’Homme s’obstine au combat.

Si des réflexions autour de la mémoire, de la commémoration ou encore de l’Histoire sont inhérentes à la démarche de certains des artistes invités, c’est surtout un regard sur une époque qui est proposé : celle des guerres contemporaines. L’exposition croise des pistes de recherches liées à l’armement, la violence, l’hostilité, la stratégie, les déplacements de population, la théâtralisation, la réparation, l’information, l’émigration, le territoire. C’est la guerre comme phénomène social et culturel qui émerge. Des luttes au centre desquelles l’humain est présent, plus que jamais. Sans visée documentaire, l’exposition se réfère pourtant au réel avec des œuvres qui s’en détournent, prennent du recul par rapport à ce que les médias peuvent montrer, laissant planer derrière elles poésie et amertume. Conçue en plusieurs chapitres, l’exposition va évoluer et se décliner dans différents lieux, différentes villes. La sélection des artistes sera également modifiée au fil des chapitres.

« Au champ, région d’Annaba, Algérie Française, 1933. »
Impression numérique sur dos bleu, 400 x 300 cm.
Erwan Venn 2014.

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TEXTE EXPOSITION /

Sans tambour ni trompette – Cent ans de Guerres est un projet formé de cinq expositions qui a débuté en 2014 à La Graineterie à Houilles, s’est poursuivi en 2015 à l’Artothèque – Espaces d’art contemporain de Caen, puis en 2016 au FRAC Aquitaine à Bordeaux, il fait étape cette année au Parvis et au Musée des Hussards à Tarbes, et il prendra fin en 2018 au centre d’art Faux-Mouvement à Metz. Le projet est une réponse à plusieurs entrées à la commémoration du centenaire de la Première Guerre. Un évènement mondial au sein duquel l’art contemporain trouve un rôle important. Pour m’inscrire dans cet évènement commémoratif, j’ai souhaité me concentrer sur le terme « centenaire ». La fin de la Première Guerre Mondiale a en effet laissé place à une Seconde Guerre Mondiale et à des centaines d’autres guerres partout dans le monde. La commémoration est alors envisagée comme un prétexte pour établir un constat, celui d’une permanence des conflits à travers le temps. Ces derniers laissent en héritage d’autres conflits, des traumatismes, des images, des objets, des ruines, des vies décimées. Un héritage que les artistes s’emploient à analyser, déconstruire, réinventer ou fabriquer.

Depuis 2014, la question de l’archive traverse le projet Sans tambour ni trompette – Cent ans de Guerres. Le quatrième chapitre présenté au Parvis est consacré à la manipulation et à l’invention des archives ayant trait à une mémoire collective traumatisée. Les artistes travaillent les archives comme un matériau, « la description de cette masse extraordinairement vaste, complexe, de choses qui est été dites dans une culture. » (Michel Foucault). A l’aube du présent, de leurs expériences personnelles, des enjeux et problématiques géopolitiques, le travail des archives (transhistoriques et transculturelles) génère de nouvelles approches des récits formatés des guerres. De nombreuses questions surgissent : Comment parler de la guerre à travers ses archives ? Quels documents ? Quels objets ? Quelles traces, visibles ou invisibles ? Le travail plastique des archives permet-il d’approcher et de transmettre le récit d’une guerre ? Comment et pourquoi ? A la question, à quoi doit idéalement mener une archive, Harald Szeemann répond qu’elle doit « raviver ou amorcer la mémoire ». De la Seconde Guerre Mondiale à la Guerre d’Algérie, en passant par le Liban, l’Apartheid sud-africain, la Colonisation ou encore la situation des réfugiés syriens, les œuvres abordent des problématiques, des géographies, des mémoires qui s’entrecroisent, dialoguent ou se contredisent. Par la matière archive des conflits, impliquant des temporalités et des contextes différents, les artistes invitent à une prise de conscience du lieu de l’Histoire, qui, inévitablement, trouve des répercussions dans le présent. Ils.elles en explorent la plasticité et en réinventent la forme, le sens, la sensibilité et le récit. Par un travail de traduction, les archives perdent de leur statut autoritaire (en tant que preuves), original, authentique et figé. Elles entrent alors dans une pensée en mouvement, tout comme le récit de l’Histoire, qui, au fil des générations, se transforme par déconstruction, s’ajuste et se complète.

Au Musée des Hussards, les guerres sont abordées du point de vue des objets et des corps. Il est ainsi question de costumes (vêtements militaires), des outils, des armes, des symboles etc. Le decorum militaire est envisagé par la photographie, la sculpture et la peinture. Ainsi, l’œuvre de Morgane Denzler, un montage photographique imprimé sur tissu évoque le découpage religieux de Beyrouth. L’œuvre, à la fois sensible et objective, engage une approche métaphorique et cartographique d’un territoire. Charles Fréger réalise les portraits de jeunes soldats dont les visages sont grimés de peintures créant un camouflage. Sur une grande table en bois sont présentées plusieurs  maquettes de navires de guerre fabriquées par Harald Fernagu. Elles sont formées de pièces métalliques, rouillées et bricolées. Intimement liées au territoire et à l’imaginaire de l’enfance, la construction de bateaux, les œuvres se rapportent également à la notion de stratégie, d’enjeux et d’intérêts. De même, les œuvres de Léa Le Bricomte procèdent d’un détournement des munitions et des armes de guerre. L’artiste manipule ces objets impliquant la violence, le conflit et la mort pour les transformer en totem ludiques et pacifiques. En puisant dans l’espace médiatique, dans l’univers des jeux vidéo et l’histoire de l’art, Lucien Murat hybride la culture populaire et l’imagerie brutale de notre époque. Le parcours au musée distille différentes approches des guerres, leur histoire et leur actualité, en leur conférant une dimension à la fois métaphorique, physique et humaine.

Julie Crenn

Marco Godinho
In Memory of Human Amnesia, 2008-2009
Triptyque, graphite couleur
17,5 x 148 cm chacun
Collection privée
Photo © Marco Godinho

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SANS TAMBOUR NI TROMPETTE – Cents ans de guerres [Chap.4]

Musée Massey – Musée International des Hussards / du 22 septembre 2017 au 7 janvier 2018 [vernissage le jeudi 21 septembre à 18h30]

PARVIS – Centre d’art contemporain / du 13 octobre 2017 au 13 janvier 2018 [vernissage le jeudi 12 octobre à 19h]

Plus d’informations /

MUSEE MASSEY

++ LE PARVIS

+++ SANS TAMBOUR NI TROMPETTE – Cent ans de guerres / FACEBOOK

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