COMPTE RENDU EXPOSITION /// Julien Salaud & Jean-Baptiste Oudry – Les Chasses Nouvelles /// Musée de la Chasse /// ARTPRESS.COM


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 Les créatures animales de Julien Salaud investissent les salles du rez-de-chaussée du Musée de la Chasse. Au cœur des deux premiers espaces, l’artiste engage un dialogue avec un ensemble de tapisseries de la tenture des Chasses Nouvelles (1686-1755) réalisées par la manufacture royale de Beauvais en 1728. Les œuvres ont été tissées d’après les modèles peints par Jean-Baptiste Oudry (1686-1755). Ainsi les quatre murs de la première salle d’exposition sont recouverts de la Chasse au Renard, la Chasse du Loup, la Chasse au Sanglier et la Chasse au Cerf. Au centre trône un cerf dont le pelage est colonisé par de minuscules perles de rocaille brunes et brillantes (Printemps – Nymphe de Cerf / 2013-2015). Les bois de l’animal sont prolongés par des branchages naturels eux aussi enveloppés de perles. Il se dresse sur un monticule de peaux assemblées entre elles. L’animal semble à la fois s’extraire des peaux, mais aussi des tapisseries qui l’entourent. Le cerf, présenté en majesté, n’est pas une proie que l’homme menace. Bien au contraire, c’est l’animal qui domine l’homme de sa présence et de son aura énigmatiques. Dans la seconde salle, dans une tapisserie intitulée La Chasse au Vol, des chasseurs s’adonnent à la fauconnerie – une scène que Julien Salaud associe à une créature double formée à la fois d’un sanglier et d’un faisan (Faisanglier – 2015). Le corps du sanglier est ainsi harnaché de longues plumes, il est surmonté du volatile dont le corps semble se fondre dans le sien. La question du savoir-faire, de la technique et du lien avec l’artisanat, relie les tapisseries de Beauvais avec la pratique artistique de Julien Salaud qui travaille seul la taxidermie, le perlage, le filage et les autres ajouts manuels. Plus loin, il nous faut nous approcher d’une tapisserie de peaux dont le centre ouvre sur une autre pièce. À travers l’ouverture, nous observons une scène de chasse mythologique dessinée au moyen de fils tendus dans l’espace. L’œuvre est plongée dans le noir, les fils blancs sont rendus visibles grâce à de la lumière noire. Le dessin irradiant de bleu réclame ainsi une adaptation rétinienne afin de saisir toute la scène. L’exposition se termine par la présentation du film Emergence Arachnéenne où le corps nu de l’artiste est pris dans une toile hors norme. Elle forme un cocon qui l’empêche de se mouvoir, de voir et de respirer. Il est à la fois l’araignée et l’insecte victime de la toile. Julien Salaud puise dans des registres fantastiques et mythologiques pour nous livrer une réflexion sur la figure animale : l’histoire de sa représentation, sa symbolique, mais aussi son devenir et sa disparition. En entremêlant les espèces et les interventions manuelles, il questionne les relations complexes entre l’humain et l’animal.

Julie Crenn

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Nouvelles chasses Julien Salaud 2014 Dessin © Julien Salaud

ARTICLE – Julien Salaud – ARTPRESS.COM

++ MUSEE DE LA CHASSE – PARIS

+++ JULIEN SALAUD

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