[EXPOSITION] PEINDRE, DIT-ELLE (Chap.2) – Musée des Beaux-arts de Dole


Peindre, dit-elle [Chap.2]

Commissariat / Julie Crenn, Amélie Lavin et Annabelle Ténèze.

Du 10 mars au 28 mai 2017 [vernissage le vendredi 10 mars à 18h30]

Henni Alftan – Giulia Andreani – Cécile Bart – Dominique de Beir – Amélie Bertrand – Mireille Blanc – Jade Boissin – Anne Brégeaut – Marion Charlet – Coraline De Chiara – Nina Childress – Claire Chesnier – Beatrice Cussol – Hélène Delprat – Mathilde Denize – Mimosa Echard – Sylvie Fanchon – Vanessa Fanuele – Camille Fischer – Vidya Gastaldon – Stéphanie Hoareau – Oda Jaune – Elodie Lesourd – Iris Levasseur  – Maude Maris – Elena Moaty – Eva Nielsen – Camila Oliveira Fairclough – Françoise Pétrovitch – Laure Prouvost – Raphaëlle Ricol – Karine Rougier – Alexandra Roussopoulos – Louise Sartor – Apolonia Sokol – Lise Stoufflet – Claire Tabouret – Agnès Thurnauer – Sarah Tritz – Delphine Trouche.

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« Elles disent qu’elles savent ce qu’ensemble elles signifient. Elles disent, que celles qui revendiquent un langage nouveau apprennent d’abord la violence. Elles disent, que celles qui veulent transformer le monde s’emparent avant des fusils. Elles disent qu’elles partent de zéro. Elles disent que c’est un monde nouveau qui commence. »

Monique Wittig – Les Guerrillères (1969)

« Cézanne: she was a great painter ».

Carolee Schneemann (1975)

En 1965, à New York, une jeune artiste s’applique à répéter les œuvres peintes et sculptées par ses camarades : Andy Warhol, Jasper Johns, Robert Rauschenberg, Frank Stella, Roy Lichtenstein ou encore James Rosenquist. Elaine Sturtevant, dite Sturtevant, fait de la répétition et de la citation, un mode opératoire de création inédit. La fidélité du résultat est troublante. Une femme artiste répète les œuvres de ceux qui vont être consacrés comme les génies de l’art contemporain aux États-Unis, tous des hommes. Y aurait-il une différence de facture entre la version masculine et la version féminine d’une œuvre ? La facture féminine est-elle spécifique ? Existe-t-elle ? Ces questions ont longtemps été un enjeu d’une histoire de l’art qui redécouvrait l’histoire des artistes femmes au fur et à mesure où les femmes prenaient place avec force sur la scène artistique, dégageant une généalogie féminine de l’histoire de la peinture depuis Artemisia Gentileschi, en passant par Élisabeth Vigée Le Brun, Frida Kahlo ou Lee Krasner. Une liste qui s’est allongée au fil de ces dernières décennies et de la redécouverte de nombreuses pratiques (Hélène Schjerfbeck, Hilma af Klint etc.). De même, bien qu’ait été souligné combien les femmes pionnières de l’avant-garde avaient souvent utilisé soit des médiums traditionnels dits de femmes, tels que la tapisserie ou la broderie, soit des médiums de revendication nouveaux, comme la vidéo et la performance, la réclamation de la peinture n’a cessé d’être présente, comme un apanage classique, donc masculin, des beaux-arts, à conquérir, y compris pour des fondatrices de la performance ou de l’expanded cinema comme Carolee Schneemann,  affirmant « Je suis un peintre qui étend les principes visuels de la peinture dans le temps et dans l’espace ».

Le choix est fait ici de confronter les œuvres de seize femmes peintres. Pourtant, les questions relatives au « féminin » sont plus souvent évacuées que présentes. La notion de féminin est-elle obsolète et dépassée ? On pourrait l’espérer. Pourquoi alors présenter uniquement des femmes artistes ? La raison est simple, le constat de l’apparition en France depuis une dizaine d’années des femmes peintres, qui, même si les lignes ont bougé et continuent de bouger depuis les années 1960, connaissent encore une visibilité restreinte. En ce sens, cette exposition pourrait s’inscrire dans une perspective féministe assumée. Il s’agit aussi de mettre en avant le travail des artistes, et de mettre en lumière le travail autour d’un médium : la peinture. La peinture est envisagée dans sa pluralité. On remarquera néanmoins que l’exposition fait la part belle à la peinture figurative, sans exclure en rien la peinture abstraite, plus en vogue finalement sur d’autres scènes artistiques, sans oublier les autres voies de la représentation du monde, de l’objet, de la couleur, de la ligne et de la figure. Chacune des artistes s’engage envers un médium historique et dont la trajectoire a évolué selon les époques, entre rejet et retour, selon un ressac cyclique maintenant plusieurs décennies. Peindre, dit-elle (un titre qui entre en résonnance avec l’œuvre de Marguerite Duras), réunit des artistes confirmées et émergentes, dont les œuvres s’inscrivent dans une histoire dense, tout en participant aussi à la réactualisation d’une peinture sans cesse mise face au défi du monde contemporain et de ses nouveaux modes d’expression et de communication.

Julie Crenn & Annabelle Ténèze.

IMAGES EXPOSITION /

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Un catalogue de l’exposition paraîtra pendant la durée de l’exposition.

MUSEE BEAUX ARTS DE DOLE

++ PEINDRE,DIT-ELLE [Chap.1] – Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart – 2015

+++ MUSEE DEPARTEMENTAL ART CONTEMPORAIN – Rochechouart

2 Commentaires

  1. Ping : Nouvelles de …. – Art [ ] Collector

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