EXPOSITION [Commissariat] /// tracé(s) /// Galerie PERCEPTION PARK


Tracés

Pascal Lièvre – Psychodiagnostik VIII (2014)

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Tracé(s) est un projet curatorial dépliant une réflexion cartographique dans l’art contemporain. Initié à la galerie Lot10 à Bruxelles en 2013, le premier chapitre comportait une dimension politique et mémorielle avec la présentation des œuvres de Laurent Ajina, de Morgane Denzler et de Till Roeskens. La galerie Perception Park accueille le second chapitre qui vient ouvrir de nouvelles perspectives cartographiques. L’exposition repose sur le concept de projection mentale de cartes, de topographies et de territoires. Les œuvres de Caroline Corbasson, Nicolas Desplats, Vanessa Fanuele, Pascal Lièvre, Laure Tixier et Thomas Tronel Gauthier déploient différents types de géographies : intimes, psychiques, fantasmagoriques, symboliques ou physiques. Il s’agit alors d’observer comment le regardeur peut être amené à penser, à tracer et à imaginer une carte ou un paysage à travers une sélection d’œuvres ouvrant des passages et des espaces de projections. Le dehors et le dedans sont convoqués : les œuvres nous renvoient à la fois à nous-mêmes (nos souvenirs, nos références et notre imaginaire), mais aussi à ce qui nous dépasse (la nature, la dérive, l’ailleurs). Les œuvres articulent un dialogue entre ouverture et enfermement, les artistes convoquent différents types de projections.

 La peinture murale de Laure Tixier, Map with a View (2013), recèle une lecture double. La forme noire nous est inconnue, elle fait d’abord appel à des champs symboliques liés à l’ésotérisme, l’astrologie ou une forme d’écriture ancienne. Elle se révèle être le plan d’une prison. L’imaginaire porte au fantasme, tandis que le réel ramène au contrôle et à l’autorité. En face, Pascal Lièvre reprend les dix figures du test de Rorschach en paillettes noires. Mis au point en 1921, le test de type projectif suppose une évaluation psychologique par l’interprétation des taches d’encre. La lecture des formes apporterait ainsi des clés de compréhension d’une personnalité. Un cheminement intime et subjectif présent dans les dessins de Vanessa Fanuele. Le trait dérive, s’entremêle et s’hybride. Il témoigne d’une recherche personnelle où l’intérieur (l’organique) et l’extérieur (le psychique) se rejoignent. Les dessins ouvrent de nouveaux territoires dont l’œuvre de Thomas Tronel Gauthier pourrait en être l’empreinte. The Last Piece of Wasteland (2011) est le moulage d’un sol naturel, sa couleur noire nous renvoie vers des espaces hostiles (volcaniques, souterrains), voire inconnus. La trace nous invite à la projection d’un paysage. Caroline Corbasson a totalement recouvert la surface d’un globe terrestre de graphite (Eclipse – 2013). Le dessin des mers et des continents est enseveli sous une couche grise métallique. S’il est visuellement absent, l’esprit ne peut s’empêcher de le retracer mentalement. Une réponse également induite par le contenu mystérieux des pots de peintures de Nicolas Desplats. Upotia suggère l’idée d’une carte liquide, qui, par un truchement de l’ordre du magique, pourrait être appliquée au mur ou au sol. Les artistes font appel à une interaction entre l’œil, l’esprit et la mémoire, activée par un processus projectif qui engendre une pluralité cartographique animée par des références cognitives et sensibles. Qu’elle soit suggérée, fragmentée, enfermée ou recouverte, la carte échappe aux normes pour libérer l’imaginaire.

Julie Crenn

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Tracé(s) is a curatorial project opening a cartographic reflection in contemporary art. Introduced in 2013 at the Lot10 gallery in Brussels, the first chapter contained a political and memorial dimension with the presentation of works from Laurent Ajina, Morgane Denzler and Till Roeskens. Perception Park gallery is hosting the second chapter which draws new cartographic perspectives. The exhibition is based on the concept of mental projection maps, topography and territories. The works of Caroline Corbasson, Nicolas Desplats, Vanessa Fanuele Pascal Lievre, Laure Tixier and Thomas Tronel Gauthier deploy different types of geographies : intimate, psychological, phantasmagorical, symbolic or physical. It consists in observing how the viewer may be led to think, to imagine and draw a map or a landscape through a selection of works that open passages and spaces of projections. Outside and inside are convened : the works throw us back into ourselves (our memories, references and imagination) while going beyond us (nature, drifting, elsewhere). The works articulate a dialogue between openness and containment, the artists call together different types of projections.

The wall painting of Laure Tixier, Map with a View (2014), suggests a double reading. The black shape is unknown to us, it first recalls symbolic fields from esotericism, astrology or ancient forms of writing ; Revealing, in fact, to be a prison map. The imagination leads us to fantasy while reality brings us back to the idea of control and authority. On the opposite side, Pascal Lievre takes over the ten drawings of the Rorschach test made with black glitter dust. Developed in 1921, the projective test implies a psychological evaluation by the interpretation of ink spots. The reading of shape could bring some understanding keys
of the viewer’s personality.

There is an intimate and subjective progression in Vanessa Fanuele’s drawings. The line drifts, intertwines and hybridizes itself. It is the visual outcome of a personal research where the inside (the organic) comes together with the outside (the psychic). The drawings open new territories in which the work of Thomas Tronel Gauthier could be the imprint . The Last Piece of Wasteland (2011) is a mold of natural earth, its black color sending us towards hostile areas (volcanic, subterranean), even unknown. The imprint invites us to follow the projection of a landscape. Caroline Corbasson completly covered the surface of a globe with graphite (Eclipse – 2013). The drawing of the seas and continents is concealed under a gray metallic layer. Even if the lines are unseen, the mind can’t help but mentally retrace them. A response also induced by the mysterious content of the paint cans by Nicolas Desplats. Upotia suggests the idea of a liquid map which, through some magic intervention, could be applied on the wall or on <the floor. The artists appeal to an interaction between the eye, the mind and the memory, activated through a projective process that generates a cartographic plurality animated by cognitive and sensitive references. Suggested, fragmented, enclosed or covered, the map escapes from norms to liberate the imaginary.

Julie Crenn

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Dossier de presse / TRACE(S)

http://www.perceptionpark.com/

 SUR LE WEB /

Exponautehttp://www.exponaute.com/magazine/2014/06/06/galeries-a-paris-les-10-expos-du-moment/

Le Blog du Corridorhttp://lecorridor.over-blog.com/2014/06/trace-s-la-cartographie-comme-espace-de-projection-mentale-une-exposition-a-la-galerie-perception-park-paris.html

Contemporanéités (texte de Florian Gaité) / http://www.contemporaneite.com/plasticite-du-dessin-mental-sur-lexposition-collective-traces-volet-2/

 

 

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