EXPOSITION [Texte] /// Maël Nozahic – Night Merry-go-round /// Galerie Maia Muller


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Tourniquet – huile sur toile – 140 x 140 cm

Vidés de l’abcès d’être quelqu’un, je boirai à nouveau l’espace nourricier.

 Henri Michaux – L’espace du Temps (« Clown »)

  C’est derrière un grillage que Maël Nozahic découvre pour la première fois un parc d’attraction abandonné. Au cœur d’un bois est-allemand, les manèges de Spreepark sont immobiles, les décors artificiels ont basculé au sol. Par dessus leurs carcasses de bois et de résine, la nature reprend peu à peu ses droits. Les cris d’enfants ont fait place au silence et aux murmures de la forêt. Les guichets et les maisonnettes sont vidés, abîmés. Fascinée par les décors désincarnés, l’artiste photographie le paysage et décide de le transposer sur la toile pour le pénétrer et l’habiter. À l’inertie du réel, elle convoque un imaginaire où lyrisme et surréalisme dialoguent. Plongés dans la nuit et la forêt, les manèges sont réanimés par la présence d’animaux fantastiques : des hyènes, des loups, des chevaux, des singes et des griffons. Avec les chevaux de bois figés dans le temps et dans l’espace, ils entament une course folle contre la mort. À travers les ranchs, autour des manèges, ils forment un cercle et chevauchent une boucle infinie, survivante et absurde. Leurs corps en mouvement sont nimbés d’une lueur captivante, quasi chamanique. Leurs pelages sont teintés de couleurs électriques et irradiantes : bleu profond, rose électrique, gris métallique. La palette de l’artiste est chargée d’une projection à la fois symbolique et physique. Nous assistons au réveil nocturne d’un univers qui serait parallèle au nôtre. Entre rêve et cauchemar, entre réel et imaginaire, Maël Nozahic s’empare des décors abandonnés pour générer des scènes hallucinatoires où la figure humaine peine à trouver sa place.

Son iconographie hybride des références à l’histoire naturelle, au mysticisme, au conte, aux imageries populaires et religieuses. Sa touche, sa palette et ses clins d’œil rappellent l’art des retablos mexicains (peintures ex-voto), qui, quelques décennies auparavant, a nourri la peinture de Frida Kahlo. Une source d’inspiration qui transparaît avec l’apparition d’éléments anatomiques autonomes dans l’espace de la toile, les corps blessés et un attrait pour une végétation dense et inquiétante. La figure humaine y est littéralement vidée et impuissante. Pendus aux manèges, les corps ouverts, écorchés, dépecés, laissent entrevoir leurs organes vitaux. Les artères et les veines s’articulent avec les racines, les branches et les insectes. Des êtres hybrides jaillissent. L’esprit de la culture mexicaine est également manifeste avec les portraits en pied d’un danseur, d’un clown et d’un arlequin. Ensemble, ils entament une procession, une danse grinçante et burlesque. Leurs visages cadavériques et leurs corps désarticulés font écho à celui des Calavaras, symboles populaires del Dia de los Muertos. Ici, la mort se rie de la vie. En ce sens, les peintures et les aquarelles de Maël Nozahic déploie une vanité incandescente et ténébreuse. La fureur et l’absurdité des chevauchées et des danses macabres traduisent un passage. Celui de l’éternel recommencement, de la fragilité et de l’éphémère fulgurance de nos existences.

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 + Galerie Maia Muller / http://www.galeriemaiamuller.com

++ DOSSIER DE PRESSE / Dossier de Presse

+++ Maël Nozahic / http://maelnozahic.unblog.fr/

 

 

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