[EXPOSITION] Où poser la tête ? [Chap.3] – Wo soll mein Kopf ruhen? /// Galerie DUKAN – Baumwollspinnerein, Leipzig


Kimiko Yoshida La Mariée Arlequin, dans le souvenir de Picasso. Autoportrait/The Harlequin Bride, remembering Picasso. Self-portrait, 2006

Artistes /

Romain Bernini – Nina Fowler – Folkert de Jong – Myriam Mechita – Florence Obrecht – Alicia Paz – Jean-Xavier Renaud – Karine Rougier – Katharina Ziemke – Kimiko Yoshida.

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Il faut que la présence ne soit pas abstraite. Par exemple la chose la plus difficile à faire en ce moment c’est le portrait. A cause de ça c’est presque impossible à faire. Je vais continuer à essayer.

Francis Bacon

La question du portrait et de l’autoportrait fait partie intégrante de l’histoire de l’art, depuis les peintures pariétales jusqu’aux photographies de Cindy Sherman, en passant par les portraits du Fayoum, les peintures de Rembrandt, de Frida Kahlo, de Marlène Dumas, les sérigraphies d’Andy Warhol ou encore les sculptures de Stephan Balkenhol. Peu importe le support et la technique, les artistes représentent, sans jamais pouvoir en épuiser le thème, leur propre visage et/ou ceux de leurs contemporains. Henri Michaux, poète et artiste, a su décrypter la nécessité de dessiner, de peindre, de sculpter, de photographier ou de filmer les images de soi et d’autrui. Il s’attache notamment à l’analyse du dessin d’enfant. Dès notre plus jeune âge, le crayon à la main, nous traçons des formes, qui, peu à peu, se précisent et se révèlent : un rond dans lequel viennent s’inscrire ce qui s’apparente à des yeux, un nez, une bouche, des cheveux. « La trace linéaire laissée sur le papier lui rappelle quelqu’un, la mère ou le père ; l’homme déjà, l’homme représentant tous les hommes, l’homme même. » Rapidement les dessins se tournent vers l’auto-figuration ou bien de représentation des autres, des êtres connus, inconnus ou imaginaires. Par extension, le dessin génère une vision de la société et plus largement du monde. Une vision multiforme que les artistes s’emploient à poursuivre, à élargir et à préciser. Les [auto]portraits agissent par échos. Alors, les œuvres fonctionnent comme des miroirs à la surface desquels les artistes, leurs environnements et leurs histoires se reflètent. Elles sont des espaces de projections pour celui et celle qui les regarde, des espaces au creux desquels nous sommes physiquement, psychiquement, visuellement confrontés au corps, au visage de l’autre.

Les [auto]portraits engagent différentes questions : l’affirmation ou bien la remise en question d’un statut (celui de l’artiste), d’une identité (artistique, culturelle, sexuelle), d’une vision critique, politique, poétique des autres et/ou de soi. Ils engendrent un ensemble de sentiments à la fois complémentaires et contradictoires : le trouble, l’identification, le rejet, la crainte, l’empathie, le doute. Pourtant, la fascination prédomine, l’irrésistible tête-à-tête entre le regardeur et le sujet provoque une pluralité de réactions. Les [auto]portraits activent une dissonance et une complexité inhérentes à la nature humaine. L’exposition Où poser la tête ? est nourrie de ses différents champs de recherche, de ces différents sentiments qui façonnent l’expérience de chacun. Le titre de l’exposition est une interrogation. Où poser la tête ? Qui suis-je ? Qui es-tu ? Comment se représenter et représenter l’autre ? Que nous disent les portraits et autoportraits ? Comment se positionner dans le monde ? Les œuvres formulent un dialogue où les regards politiques et poétiques se croisent et s’entrechoquent selon différents axes de réflexion : le portrait – la réactualisation d’un genre traditionnel, l’archive, le corps politique, l’intime, le masque et la performativité de soi. Les œuvres attestent d’une ambiguïté constante et d’une pluralité (des formes et des discours) nourrie de mouvements et de perturbations. Qu’ils soient traités de manière directe ou indirecte, les [auto]portraits traduisent un mouvement, celui d’une performance continuelle des corps, des identités et des idées.

Julie Crenn

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ALICIA PAZ

DEUTSCH /

Das Porträt und das Selbstporträt haben schon immer eine wesentliche Rolle in der Kunstgeschichte gespielt. Von prähistorischen Höhlenmalereien über Mumienporträts, Gemälde von Rembrandt, Frida Kahlo, Marlène Dumas, Siebdrucke von Andy Warhol oder Skulpturen von Stephen Balkenhol bis zu den konzeptionellen Fotografien Cindy Shermans – seit Menschengedenken haben Künstler fortwährend den Drang verspürt, die Gesichter ihrer Zeitgenossen ebenso wie ihre eigenen zu porträtieren.

Für den Dichter Henri Michaux liegt die Erklärung dafür in den frühen Zeichnungen eines Kindes. Schon in einem jungen, zarten Alter zeichnen wir, den Stift in der Hand, Formen, die allmählich einen Kreis, in welchem sich rudimentär ein Augenpaar, eine Nase, ein Mund und Haare befinden, enthüllen. „Diese lineare Spur, die auf dem Blatt zurückbleibt, erinnert an jemanden: die Mutter oder den Vater; schon Mensch; Mensch, der alle Menschen repräsentiert; der Mensch selbst.“ Schnell entwickeln sich diese Zeichnungen und enthalten nun auch Darstellungen des Kindes selbst oder anderer Personen – bekannte, unbekannte oder erdachte – über den Mutter-Vater-Nukleus hinaus. Dies bringt im weiteren Sinne ein Verständnis der Gesellschaft und – weiter noch – der Welt hervor. Eine vielgestaltige Vision, an der Künstler kontinuierlich arbeiten, sie zu verfolgen, zu erweitern und zu präzisieren. Porträts und Selbstporträts hinterfragen zudem die Künstler selbst, ihre Umgebung und ihre Geschichten wie vielerlei Spiegel. Sie sind Projektionsräume für diejenigen, die sie betrachten, leerer Raum, in welchem wir physisch, psychisch und visuell mit dem Körper, dem Gesicht des anderen konfrontiert sind. Porträts und Selbstporträts stellen außerdem die zahlreichen Facetten des Individuums, seinen Status, seine Identität (künstlerisch, kulturell, sexuell etc.), seine Vision sowie seine Wahrnehmung und sein Urteil über andere und ihn selbst in Frage. Sie wecken eine Fülle an Gefühlen, die sich sowohl ergänzen als auch widersprüchlich sind. Verwirrung, Identifizierung, Ablehnung, Angst, Empathie, Zweifel: das Zusammentreffen zwischen Betrachter und dem Gegenstand ruft eine Vielzahl von Reaktionen hervor. Vor den Porträts und Selbstporträts werden wir noch einmal an die eines Menschen innewohnende, faszinierende Komplexität erinnert. Wir schwanken zwischen Dissonanz und Harmonie, zwischen dem Bekannten und Unbekannten.

Die Ausstellung Où poser la tête? (Wo soll mein Kopf ruhen?) wird angetrieben von unterschiedlichen Recherchen, von den verschiedenen Gefühlen, die Erfahrungen eines jeden prägen. Der Titel stellt Fragen: Où poser la tête? (Wo soll mein Kopf ruhen?) Wer bist du? Wer bin ich? Wie stelle ich dich und mich dar? Was wollen Porträts und Selbstporträts erreichen? Wie soll ich mich in der Welt positionieren? Die Kunstwerke führen eine Dialog, in dem sich poetische und politische Standpunkte treffen und sich aneinander messen entsprechend verschiedener Zugänge zur Reflexion: das Porträt – das Wiederaufnehmen einer traditionellen Form der Kunst, das Archivieren, der politische Körper, das Vertraute, die Masken und das performative Selbst. Die Arbeiten dokumentieren eine fortwährende Ambiguität und Pluralität (der Formen und des Diskurses), die durch Bewegungen und Unruhe entstehen. Sie übertragen auf direkte oder indirekte Weise einen Antrieb, welcher einer fortwährenden Performance von Körpern, Identitäten und Ideen gleichkommt.

Julie Crenn

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KATHARINA ZIEMKE

ENGLISH /

Où poser la tête? – (where should I rest my head?)

The portrait and the self-portrait have always played an integral role in the history of art. From prehistoric cave paintings to the conceptual photography of Cindy Sherman, through the Fayum Mummy portraits, the paintings of Rembrandt, Frida Kahlo, Marlène Dumas, the silk-screen prints of Andy Warhol, or the sculpture of Stephan Balkenhol – beyond memory, artists have continually felt the urge to portray the faces of their contemporaries, as well as their own.

The poet and artist Henri Michaux’s explanation for this, begins with the early drawings of children. From a tender age, pencil in hand, we trace figures which gradually reveal a circle within which is inscribed a rudimentary pair of eyes, a nose, a mouth and hair. “The linear mark left on the page reminds him of someone: the mother or the father. Man already. Man representing all men. Man himself.” Rapidly these drawings evolve to include representations of the child himself and of other people – real and imaginary, known and unknown – beyond the mother-father nucleus; which in turn will originate an understanding of society and further still: of the world. A composite vision artists will continuously labour at in an effort to expand and refine; portraits and self-portraits echoing their worlds, their environments and their stories like so many mirrors. Portraits and self-portraits also question the individual’s numerous facets, the security of his status, his identity (artistic, cultural, sexual etc.), his vision, and his perception and judgement of others and of himself. They inspire a profusion of feelings both complementary and contradictory. Disorder, recognition, rejection, fear, empathy, doubt: the encounter between the observer and the subject is never benign. Before these portraits and self-portraits, we are reminded once again of man’s inherent and fascinating complexity. Before these portraits and self-portraits, we fluctuate between dissonance and harmony, alternate between the familiar and the unknown.

The exhibition Où poser la tête? (« where should I rest my head? »), is fashioned by individual experience and research and asks more than just one question. Who are you? Who am I? How do I depict you/myself? What are portraits and self-portraits trying to achieve? How should I position myself in the world? How do different styles inspire resistance and, if so, resistance to what? How do they highlight different claims? These works of art shepherd a discussion where poetic and political points of view meet and lock horns; and where the beholder is invited to explore different avenues of reflection: the portrait – a traditional art form; archiving; the body, intimacy, masks, and the performative self. The works document a constant ambiguity and a plurality nourished by movements and by occasional exceptions. Political questions span the exhibition, challenging identities, history, memory, and gender. Whether our approach is strict, informal, strictly informal, or informally strict, portraits and self-portraits express a drive: that of constantly rendering the body, identities, and ideas.

Julie Crenn

Myriam Mechita

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VUES EXPOSITION /

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 OU POSER LA TETE ?

2 june – 1st july 2017

Romain Bernini – Nina Fowler – Folkert de Jong – Myriam Mechita – Florence Obrecht – Alicia Paz – Jean-Xavier Renaud – Karine Rougier – Kimiko Yoshida – Katharina Ziemke.

Curator: Julie Crenn

Opening / 2 june 2017

GALERIE DUKAN – Leipzig

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