RENCONTRE AVEC LEO Y DANIEL CHIACHIO GIANNONE /// BRODER LA DIVERSITE


Nous connaissons le couple d’artistes britanniques, Gilbert & Georges, le couple de photographes français, Pierre & Gilles, deux couples d’artistes homosexuels internationalement reconnus auxquels il se doit d’ajouter le couple argentin Leo Chiachio & Daniel Giannone. Léo & Daniel s’inscrivent volontiers dans la lignée des deux couples devenus mythiques, puisqu’ils ont eux aussi choisi de mettre en scène leur corps et leur univers. Pierre & Gilles par le biais d’un kitsch extrême et assumé, Gilbert & Georges par l’art numérique, Leo & Daniel par la broderie et les techniques traditionnelles. Depuis le début de leur collaboration, ils jouent avec les limites et les frontières, entre art-artisanat, centre-périphérie et moderne-traditionnel. Leo & Daniel formule une iconographie hors du commun, emprunte de leurs rêves et de leurs espoirs. Ils évoluent dans un monde à peine imaginaire dans lequel ils peuvent vivre et s’exprimer librement.  Ils se plaisent à développer un art dans la marge et à déconstruire les idées reçues véhiculées depuis l’Antiquité sur la broderie. Un couple atypique que nous avons souhaité découvrir davantage.[1]

 – Tout d’abord, comment s’est passée votre rencontre ?

Nous nous sommes rencontrés en 2001 dans la maison de notre ami et artiste Chino Soria. Il avait invité de nombreux artistes a exposer dans son appartement converti en galerie d’art pendant un mois. Un dimanche Daniel était là, et a rencontré Leo. Leo, un ami d’enfance de Chino, était là pour exposer une oeuvre. Les regards se sont croisés et il y a eu un baiser. Un baiser qui a laissé une trace. Les jours qui ont suivi il se sont revenus au Centro Cultural Rojas. Après leur première nuit ils ne se sont plus jamais séparés. Un jeu de cour et de séduction qui a commencé avec une grande attraction sexuelle, s’est transformé en amour et en art.

– Quelles sont vos histoires et parcours réciproques ?

Leo est né à Banfield (1969). Il a fait ses études à la Escuela Nacional de Bellas Artes “Prilidiano Pueyrredón” et à la Escuela Superior de Bellas Artes “Ernesto de La Cárcova”. Ses professeurs ont été Pablo Suarez, Tulio de Zagastizabal, Ahuva Szlimowicz.

Daniel est né à Córdoba (1964) au sein d’une famille d’immigrés italiens. Il fait ses études en sciences économiques à l’Université Catholique de Córdoba, il a ensuite fait un bref séjour à la Escuela de Bellas Artes de l’Université Nationale de Córdoba. Il se considère comme un autodidacte même s’il a travaillé dans les ateliers de Teresa Lasacano et Sergio Bazan qu’il estime comme ses maîtres en arts.

– Un couple d’artistes gays qui travaille quotidiennement à des projets communs. Comment est née cette collaboration créatrice ?

En 2003, Ana Maria Battistozzi (critique d’art et commissaire d’exposition argentine) a organisé un Atelier Ouvert, à l’endroit qui abritait Harrods à Buenos-Aires. Ce grand magasin qui était vide depuis plus d’une décennie est progressivement devenu un grand lieu de fête pour l’art contemporain argentin. Là, nous avons réalisé notre première œuvre. Cette œuvre (Hechizo, 2003) consistait en un grand matelas brodé avec une image de nous dormant ensemble et nous enlaçant. Suite à cela, nous avons ressenti un grand plaisir à collaborer, nous nous sommes beaucoup aumsé, nous avons donc souhaité aller plus loin ! Ainsi nous avons continué : Sebastianos, La Familia de la Abundancia, Próceres etc. Avec un seul principe : nous sommes aujourd’hui les protagonistes de notre œuvre.

– Pourquoi avoir fait le choix de la broderie ?

Nous avons tous les deux une formation de peintre. Cependant, nous partageons la même fascination (qui a commencé depuis plusieurs années pendant nos études) pour les taches manuelles et pour l’utilisation de matériaux à usage domestique (fils à coudre, à broder, des boutons, des perles etc.) ou scolaire (des paillettes collantes, des crayons de couleurs etc.) qui se transforment ou embellissent chaque œuvre.

Leo avait commencé à travailler avec des fils qu’il collait avec de la peinture, et Daniel brodait alors qu’il était enfant dans un « atelier manuel » dans une école primaire dirigée par des nones. Nous nous sommes retrouvés devant une caisse pleine de fils et de tissus que Leo avait conservé et réuni depuis longtemps. La broderie s’est offerte à nous comme une grande possibilité avec la peinture. Nous avons décidé à ce moment de peindre avec les fils. De transposer notre métier de peintre vers les terrains plus arides de la broderie, en explorant ses propres limites. C’est comme cela que nous avons commencé à broder. Nos broderies simples se sont de plus en plus complexifiées, tant dans la qualité de nos points que dans le concept du travail, ses textures, jusqu’à la prise de volume.

– Comment avez-vous appris à broder ?

Leo a commencé jeune à broder, en réalisant des oeuvres sur des Tee Shirt et des vieilles chemises. Il y cousait des boutons, il collait des fils et des perles sur des images de torses des acteurs pornos des années 1970. Daniel a appris à broder enfant à l’école primaire, un collège de nones.

Nous sommes maintenant ensemble, face à la décision de broder avec la même intention que lorsque nous peignions. Nous avons commencé à chercher et a expérimenter avec de nouveaux points et de nouvelles techniques de broderie.

Nous recherchons nos matériaux textiles dans le quartier de Once (un quartier populaire de Buenos Aires), où nous connaissons des marchands ambulants. Ils nous ont enseigné chacune des techniques que nous connaissons. Nous le proclamons parce que notre formation est absolumment académique, cependant, elle s’est complétée avec le savoir et la connaissance populaire. De là, a surgi notre volonté spécifique à constamment établir un croisement, un dialogue entre l’art et l’artisanat.

– À quoi ressemble une de vos journées de travail ?

Nous travaillons tous les jours. Nous nous asseyons à notre grande table et nous commençons à broder tout en écoutant de la musique. Nous regardons la TV et nous prenons le maté ou un thé français de Mariages Frères. Dans notre conservation quotidienne apparaissent toujours les idées qui habitent nos rêves que nous brodons immédiatement avec une grande précision pour qu’elles nous paraissent aussi vraies que lorsque nous les avons vues dans ces rêves. Nous avons une grande bibliothèque avec des livres que nous consultons régulièrement, mais aussi des revues, des dvd etc. et chacune de ces images peuvent étendre nos fantaisies que nous explorons avec les fils. Nous prenons beaucoup de photos dans la mesure que nous décidons de jouer et de théâtraliser nos rêves. Ces photos sont une première intention d’incarner nos rêves. Puis nous les dessinons sur les tissus et les fils commencent à s’entremêler jusqu’à leur donner la forme de nos visages. Nos œuvres sont toujours des autoportraits. Nous sommes toujours nos propres personnages.

Nous souhaitons arracher toutes ces activités du monde féminin auquel elles étaient reléguées. Démontrer, que deux hommes, peuvent aussi accéder à ce monde, avec une liberté absolue. Nous souhaitons aussi, après avoir reçu une formation académique, l’oublier par moments et la déplacer vers l’usage de matériaux appartenant davantage à l’artisanat. Des matériaux que nous utilisions lorsque nous étions enfants (peindre avec des paillettes, broder etc.) Jouer comme des enfants, tout en étant des adultes.

-Quel est votre rapport avec l’aiguille ?

Les aiguilles sont nos pinceaux et les fils nos pigments. L’aiguille et les fils nous imposent un rythme spécifique. Broder est une action qui paraît détenir le temps, étirer le temps. Le temps de la peinture n’est pas le même que celui de la broderie. Ce temps permet d’accroître nos rêves, de les approfondir tout en nous permettant de les habiter avec une plus grande profondeur. Cette profondeur se reflète dans les bois épais et les fleurs colorées.

– Quelles sont vos influences ?

L’Argentine n’a pas une grande tradition d’art textiles comme le Guatemala et le Mexique, pour citer quelques cultures dans lesquelles la broderie est toujours une tradition importante. Cependant nous pensons que notre inclination pour les travaux manuels vient du fait que nos pères ont eu des métiers laborieux. Nous avons vécu au sein de foyers dans lesquels le travail a toujours été considéré comme une valeur. Ceci, conjugué avec une grande influence de la construction de la pensée, avec le mode de créer de quelques artistes comme Jorge Gumier Maier, Omar Schirilo, Marcelo Pombo (pour n’en citer que quelques-uns) qui ont allié le manuel, l’artisanat et l’art.

L’amour et la crudité des photos de Nan Goldin, le savoir-faire de Jeff Koons et Murakami, les films de John Watters, Françoise Honoré, les dessins de John Galliano etc.

– Les cultures traditionnelles semblent être importantes à vos yeux. Je pense notamment aux cultures indiennes d’Amérique Latine et à la culture japonaise.

Nous avons une fascination pour l’étude des cultures traditionnelles et des légendes de l’Amérique Latine et du Japon, particulièrement des gravures japonaises.

Nous nous intéressons beaucoup au fait que dans toutes les civilisations aborigènes latinoaméricaines et dans le monde en général, l’ornementation masculine ait été aussi importante alors qu’aujourd’hui l’image masculine est pratiquement inefficace. L’ornementation semble être passée exclusivement dans le monde féminin.

Pour ce qui est des gravures japonaises, nous nous intéressons à la manière de raconter les traditions de cette culture millénaire. L’expressivité, la pureté de ses images. Nous aimons le fait qu’une culture aussi traditionnelle, la culture orientale, depuis ses origines montre des histoires entre hommes (samurais, acteurs etc.) bien que l’homosexualité soit un thème tabou. Par exemple, au Japon, a été initié le theatre Kabuki dans lequel le rôle des femmes est joué par des hommes depuis leurs plus jeunes ages Ceci s’est d’ailleurs transformé pour beaucoup comme une douce condamnation.

 

– Pouvez vous me parler de la série Herederos ? Qui sont ces héritières dont vous avez brodé les portraits ?

Nous sommes toujours les protagonistes de nos œuvres. En principe, nos portraits sont réalistes, mais nous avons abandonné cela à mesure de notre apprentissage des techniques brodées. Nous avons donc décidé de nous représenter tels que nous apparaissons dans nos rêves. Peu importe si nous ne sommes pas exactement comme ici ou là : mais il y a toujours un clin d’œil qui nous rend présents, la couleur des yeux, des cheveux, etc.

Ces héritiers peuvent être chacun d’entre nous. Ici, nous sommes ceux qui portent l’ornementation des aborigènes des différentes cultures. Des aborigènes qui étaient et sont les héritiers de la nature, qui est ici et là, devant nous pour la prendre et nous servir d’elle. Mais aussi pour la construire, la développer, l’enrichir. Une hérédité qui ne se termine jamais, qui grandit en permanence. Une hérédité qui ne vient pas d’une accumulation, mais d’une croissance. Dans notre fantaisie, dans notre manière d’être arrêtés dans le monde, prendre la peau de ces cultures est une façon de maintenir en vie notre propre culture, notre histoire, nos souvenirs et notre identité.

 – Vous croisez volontiers des références aux beaux arts et aux arts populaires. Il n’y a pas de hiérarchie et de barrières ?

Nous croisons tout le temps l’art et l’artisanat.

Dans la poterie, les peintures rupestres, les aborigènes parlaient de leur réalité, leurs mondes, rêves et désirs. Nous nous sommes appropriés la technique des autres travaux artisanaux et nous racontons notre histoire au moyen de l’artisanat. Nous aimons nous imaginer comme les justiciers des arts mineurs et de l’artisanat. Nous nous emparons de la technique artisanale pour réaliser notre oeuvre et l’exposer dans un musée. Ce faisant la technique s’extrait de sa catégorie et accède au rang des beaux arts. Dans notre travail s’opèrent en même temps l’artisanat-le travail manuel et la pensée-construction de la pensée créatrice.

– De nombreux critiques rapprochent votre iconographie à celle de l’artiste mexicaine Frida Kahlo (1907-1954). Selon moi le rapprochement est à faire au sens politique : « The Personal is Political ».

Nous déployons dans notre oeuvre un coloris propre à la nature ou au monde qui nous entoure. L’Amérique Latine est une couleur et Buenos Aires est grise. Lorsque nous créons, nous utilisons ceci comme un recours pour parler de choses qui nous touchent comme les nouveaux modèles familiaux. Notre famille est formée de deux hommes et un chien. Ceci est le modèle que nous avons choisi pour trouver notre place dans le monde, une place depuis laquelle nous pouvons nous exprimer.

Nous nous préoccupons du fait que l’art s’empare totalement de nos vies et de vivre notre amour librement. Nous pensons faire partie d’un grand mouvement qui est en constant développement et qui génère des changements dans une société traditionnelle, de forte tradition catholique, machiste etc. Etre les acteurs d’une forme visible est synonyme d’etre en vie, d’appartenir et d’etre les protagonistes du changement, de faire l’histoire. Nous vivons dans une société qui se développe, et la récente sanction de la loi pour le mariage égalitaire le démontre, l’Argentine est le premier pays latinoaméricain à le mettre en place. [N.B. Le mariage homosexuel est légalisé en Argentine en juillet 2010]

– Quelle est la situation de la communauté homosexuelle en Argentine ?

L’Argentine est un pays qui dans la dernière décennie a démontré une grande ouverture pour inclure l’égalité dans ses droits pour les citoyens de la communauté gay. Il existe en principe (même s’il n’est pas valide dans tous les pays) l’union civile. Nous nous sommes d’ailleurs unis en 2009. Depuis 2010, il existe un mariage égalitaire. Ceci est vraiment merveilleux.

– Tout comme Kahlo à son époque vous jouez avec la notion d’exotisme : les couleurs, les motifs, la faune et la flore.

 Ce monde, notre monde, dont nous avons décidé de parler est un monde où il est possible d’habiter. Un monde dans lequel les personnages sont deux hommes et un chien qui jouent en totale liberté comme des enfants tout en étant des adultes. Et dans cet univers, nous avons choisi de créer un paysage que nous aimons occuper, une nature que nous pouvons modeler selon notre caprice. Buenos Aires est très grise, nous y posons la couleur.

 

– Les détails sont importants dans l’élaboration de vos œuvres.

Les détails sont très importants. Ils sont parfois ce qui fait l’oeuvre. Par moments nous sentons que nous débordons dans des détails, comme s’il y avait des explosions de créativité. Parfois,  nous nous arrêtons minutieusement sur une fleur, comme si elle était la seule et unique grande protagoniste du bois. D’autres fois, nous envahit le plaisir de convertir cette fleur en un bijou et ensuite en autre chose, et une autre … et alors nous nous retrouvons face à un monde de bijoux.

– Vous affirmez par le biais d’une technique dite « féminine » votre identité culturelle et sexuelle.

 La broderie, la peinture sur porcelaine, l’utilisation de matériaux scolaires dans la construction d’une œuvre d’art, sont (sous ces latitudes) plus liées au monde féminin qu’au monde masculin. Nous tenons ces rôles et nous les utilisons pour construire nos œuvres d’art. Cela crée parfois un étonnement non seulement parce qu’il s’agit d’un travail manuel féminin mais aussi parce qu’il s’agit de métiers oubliés exigeant une grande charge de travail. Nous prenons le temps nécessaire pour la réalisation de nos œuvres, peu importe si nous devons passer six mois sur une pièce.

– Votre œuvre exprime la marginalité dans tous les sens du terme.

Nous souhaitons arracher toutes ces activités qui sont considérées à la marge du monde de l’art contemporain (ou à ce que l’on se considère comme « art contemporain ») ou comme nous l’avons déjà dit, les arracher du monde féminin.

– Léo et Daniel sont UN artiste : vous êtes complémentaires ?

Nous sommes un artiste. Nous pouvons tous deux faire les taches réalisées par l’autre. Avec le temps nous avons acquis le savoir-faire de l’autre et vive versa. Pourtant, la complémentarité est inévitable. Nous aimons nous définir comme des “créateurs jumeaux monolithiques” comme l’a fait Maria Moreno dans un texte du catalogue de l’exposition Rohayhú, à la galerie Ruth Benzacar. Nous discutons, parlons et interagissons beaucoup. Nos goûts ne sont pas toujours en accord, mais nous avons appris à nous écouter. Ceci a enrichi notre couple. La création nous renforce. La diversité de pensée nous nourri. Parfois quand nous ne sommes pas d’accord, nous sentons que cela ralenti notre processus créatif, mais au final il y a toujours une sinergie. Le dialogue constant est indispensable l’épanouissement de notre art.

– La thématique de l’enfance est très présente.

Il semble que dans nos portraits nous rapportons nos enfances au présent. C’est une attitude constante. C’est ludique. C’est comme si nous ressentions le besoin d’unir nos enfances qui n’ont jamais été liées, bien qu’elles se sont unies lors de notre rencontre. Nous jouons à être des enfants, sans peur nous revetons le déguisement de nos rêves.

 

– L’humour et la dérision tiennent une place importante dans votre œuvre.

L’humour et l’ironie sont toujours présents. Nous ne craignons pas le ridicule. Cela nous plait de rire de nous mêmes et cela se voit dans tous nos portraits. Nous ne mettons pas de limites à notre imagination en devenant tantôt des geishas tantôt des Shivas, ou des enfants déguisés en grenouilles ou en pandas. Nous préférons rire d’abord de nous mêmes.

– Qui est Piolin ?

Piolin est notre fils-mascotte. C’est un Daschung (un Teckel) miniature âgé de quatre ans. Il complète notre jeu et notre fantaisie, donnant réalité à une famille. Ensemble nous posons comme pour n’importe quel portrait de famille. Piolin est un amour pur. Depuis qu’il est entré dans nos vies, il participe à notre jeu et habite les paysages de notre imagination.

– Pouvez vous expliquer ce qu’est le Museo Piolin ?

Piolin possède une collection d’art et comme toute collection elle nécessite un musée pour l’héberger. Plus de cent artistes (des représentants de toutes les disciplines : peinture, dessin, photographie, cinéma, écriture etc.) ont produit une œuvre et l’ont offerte à Piolin. Ainsi est né le Museo Piolin, plus connu sous le nom de MUPI. Dans ces œuvres, le personnage central est toujours Piolin. Toutes les œuvres font directement référence à son image ou à un aspect de sa vie. La taille de chaque œuvre ne peut pas excéder la taille de son collectionneur, Piolin. La collection a déjà été exposée à deux occasions : La première édition au MACRO – Museo de Arte Contemporáneo de Rosario, Argentine. La seconde édition au Centro Cultural Recoleta, à Buenos-Aires, Argentine.

L’année prochaine elle sera exposée au Centro Cultural Borges à Buenos-Aires.

Une autre particularité de ce projet est que le montage est réalisé à l’échelle de Piolin. Cela veut dire que toute l’œuvre est présentée à sa hauteur pour qu’il puisse apprécier chaque oeuvre, nous devons nous baisser et la voir depuis sa perspective. C’est-à-dire, depuis la perspective Piolin ou celle des enfants.[2] *

– Il y a un caractère sacré dans votre iconographie ? Léo, Daniel et Piolin apparaissent comme des êtres divins.

Nous sommes une famille et nous aimons poser pour nos oeuvres d’art comme pour un portrait de famille, une triade divine. Piolin vient compléter notre jeu et désir de former depuis toujours un schéma familial chaleureux et brigué. Par moments aussi nous choisssons d’etre un trio divin de n’importe quelle religion, nous allons de l’Orient vers l’Occident.

– Pouvez vous me parler de votre installation Brujas Protectoras (2010) ?

L’idée est surevnue à partir d’une gravure antique japonaise dans laquelle une sorcière vieille et folle protégeait un enfant de la pluie et des inclémences du temps. Nous nous sommes dédoublés en deux sorcières et avons placé à l’endroit de l’enfant protégé notre enfant : Piolin. La pluie brodée sur notre ouvrage d’art parait exploser comme des bombes de savon et se cristaliser dans l’air. Elle semble commencer à se détacher du tissu au moyen des pompoms pour nous inonder d’amour et de tendresse. L’amour quotidien que nous donne généreusement Piolin.

– Quels sont vos projets futurs ?

Continuer à travailler avec la porcelaine, construire des autels. Broder des mondes habitables pour tous. Concrètement nous sommes en train de travailler pour :

Une exposition individuelle au Museo de San José of Quilt and Textiles (aux Etats-Unis).

Un projet intitulé Separados al Nacer (Colombie), ce projet consiste à réaliser un croisement entre l’artisanat et l’art, pour lequel nous travaillons en collaboration avec les artisans locaux.

Une exposition individuelle àla Galeríade Arte Ruth Benzacar, Buenos Aires, Argentine ; àla School Gallery(Paris) et au Museo de Arte Contemporáneo de Salta (Argentine).


[1] L’entretien s’est réalisé à distance, durant le mois d’octobre 2010, Leo & Daniel ont fait le choix de répondre aux questions d’une seule voix.

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