VIDEOBURO #4 /// Corps Traversés – Corps Habités


La nouvelle édition de VIDEOBURO est formée d’une sélection d’artistes venus d’horizons différents et de générations différentes. Chacun explore à sa manière le corps : ses mouvements, ses respirations, ses déplacements, ses expériences et ses collisions avec le monde extérieur. Il frappe, disparaît, se débat, danse, se mue et se remue.

Chacun des films interroge à sa manière les rapports qui existent entre le corps, la peau et l’expérience de l’altérité, du genre, du texte, de l’espace, de l’Histoire, des traditions, des religions, de l’inconnu et de soi même. Il est chaque fois éprouvé, testé, sublimé ou annihilé. Aucune parole n’est prononcée. Le langage employé est celui du mouvement, de la disparition et de l’expression. Les mots, lorsqu’ils sont présents, sont tatoués à même la peau. Ils vivent et vibrent en harmonie avec des corps en tensions dont l’intimité est révélée. Si certains artistes ont fait le choix du silence, d’autres ont collaboré avec des compositeurs. Les musiques, chaque fois teintées d’une sourde violence, ravivent la tension des corps, le malaise ressenti et les questions posées..

Les différentes propositions vidéo sélectionnées ici s’attachent à créer un dialogue entre le corps (celui de l’artiste et des autres) et tout ce qui le construit sur le plan social, culturel, religieux et politique. Une gestuelle simple, répétée, absurde, une ombre portée, une blessure, une danse, un texte, une recherche, un parcours, un regard, chaque film nous donne à voir une des multiples facettes de nos expériences corporelles : personnelles et collectives.

– Mélanie Lecointe : I Love Phallocracie, 2009 [5’]

– INGRID Mwangi : For Children, 2006 [10’36]

– Natacha Paganelli : Kolo, 2009 (8 min]

– Taysir Batniji : Sans Titre, 2002 [2min]

– Alexandra Kawiak : Parking Orchestra, 2007 [2’53]

– Chloé Tallot : Ragazze, 2004-2011 [extrait de 3’10]

– Kensuke Koike : Battito / Heartbeat, 2005 [1 min]

– Clémence Coconnier, Mue, 2009 [16’10]

– Joël Andrianomearisoa : L’Etrange, 2007 [6’41]

– Pascal Lièvre : Suicide, 2011 [4’13]

 

Durée totale : 57 minutes

Projection le 3 décembre 2011.

Deux séances : 16h 30 et 18h 00

Adresse : 10 Impasse Bonsecours, Paris 11e

!!! IMPORTANT !!! : Porche Code porte 468 AB grille 7952 tout droit RDC fond de cour.

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–          Mélanie Lecointe : I Love Phallocracie, 2009 [5’]

Mélanie Lecointe est née en 1979, à Douai. Elle vit et travaille entre Lille et Berlin.

Mélanie Lecointe est née en 1979, à Douai. Elle vit et travaille entre Lille et Berlin. Maitre verrier de formation, Mélanie Lecointe travaille aussi la faïence, la céramique et pratique la vidéo. Son travail juxtapose l’histoire et l’actualité à travers des matériaux qui ont une portée religieuse, qu’elle se plait à déconstruire ou transgresser. Elle pose la question de la sacralisation des objets, des traditions et des idées. La vidéo I Love Phallocracie est un autoportrait à la couronne, une suite de courtes séquences saccadées sur le « Salve Regina » d’Olbracht (fin XVème), un chant sacré dédié àla Vierge. La vidéo a été réalisée dans le même mouvement que la sculpture du même nom, un vitrail aux tonalités bleues représentant un phallus pointé vers le ciel. Il s’agit d’identifier ou de questionner les bases chrétiennes de notre civilisation occidentale et les fondements religieux du patriarcat, qui règne encore, parfois glorieux.


–          Ingrid Mwangi : For Children, 2006 [10’36]

Ingrid Mwangi est née en 1975, elle vit et travaille entre le Kenya et l’Allemagne.

Elle pratique la photographie, la vidéo et la performance. Tout son travail est tourné vers son corps, métisse (allemand – kenyan), un corps qu’elle expose pour questionner non seulement la représentation du corps noir, mais aussi des problématiques liées au racisme et aux difficultés rencontrées par une femme métisse en exil. Elle explore les symboles et les signes de la représentation du corps noir, des signes qu’elle impose à son corps, sa peau. « Mon corps est la seule chose que je possède…Je réagis, j’interprète et je remets en question les clichés et les stéréotypes auxquels je suis confrontée….j’utilise l’art pour éveiller les consciences. »

My Children est une série de plans présentant des fragments de phrases taillées dans la peau de d’un homme et d’une femme (l’artiste et son mari). Les brides de phrases évoquent la difficulté et la complexité des relations entre deux personnes. Les mots incrustés dans la peau et le silence dans lequel nous sommes plongés créent une tension, un trouble. Ces mots intimes, à la fois doux et douloureux, résonnent dans notre propre expérience personnelle, nos propres sentiments.

« Je suis IngridMwangiRobertHutter. Et j’essaie de développer une conscience dans laquelle j’ai ces deux corps. Donc quand je crée de l’art, je mets ce corps masculin blanc en relation avec ce corps féminin « noir ». C’est très excitant, parce que nous utilisons la matérialité du corps. Cela étend l’ampleur du thème: pour moi ce concept vient de la vie. C’est la façon dont vous la vivez, comment vous travaillez avec, comment elle se manifeste, plutôt que de simplement projeter l’idée que nous voulons être une seule personne. »

++>>  www.ingridmwangi.de/_/home.

–          Natacha Paganelli : Kolo, 2009 [8’]

Natacha Paganelli est née en 1972. Elle vit et travaille à Strasbourg. Photographe et vidéaste.

Réalisée lors d’une résidence en Serbie en 2004-2005, Koлo, (« danse » en serbe) déploie sur une musique de Matthieu Chauvin une féerie théâtrale qui pourrait faire penser à quelque version minimaliste des inventions chorégraphiques du temps des Ballets russes. La musique nous rappelle en effet celle de Stravinsky, Le Sacre du Printemps. Avec une grande économie de moyens transcendée par un subtil travail de montage, elle fait surgir à la manière d’un kaléidoscope, la fiction d’une foisonnante vitalité populaire. A travers une Nature recomposée et une danse frénétique, elle dévoile par la métaphore, l’utopie d’un esprit national, socle des traditions folkloriques.

++>> http://www.meroefilms.fr/?KOLO.

Voir le film : http://vimeo.com/6981507

–          Taysir Batniji : Sans Titre, 2002 [2’]

Taysir Batniji est né en 1966 à Gaza, il vit et travaille à Paris.

Artiste protéiforme, Taysir pratique aussi bien la photo, la peinture, la performance, l’installation et la vidéo. Son travail explore des thématiques comme l’exil, les migrations, l’appartenance, les identités. Il a vécu jusque ses 25 ans à Gaza, il a ensuite décidé de s’installer à Paris. Depuis,la Palestineest au cœur de son projet artistique. Il dit : « Je fais en sorte d’être au plus proche de moi, d’évoquer cette réalité sans tomber dans l’illustration, le pathos, le discours politique convenu. J’essaie donc, à partir de mon expérience personnelle, de rendre compte de cette histoire, de cette réalité avec une dimension poétique, esthétique, conceptuelle. J’essaie de proposer autre chose que ce que les médias nous donnent à voir. »

« Le reflet d’une ombre disparaissant, un corps s’effondrant dans le sable, éternellement balayée par les vagues… Une métaphore de la disparition. » (T. Batniji). Le film est une métaphore de la situation palestinienne à travers l’ombre de son propre corps balayée par les vagues, entre présence et absence.

++>>  http://taysir.b.free.fr/.

–          Alexandra Kawiak : Parking Orchestra, 2007 [2’53]

Alexandra Kawiak est née en 1984, elle vit et travaille à Paris.

Tournée en Afrique-du-Sud, Parking Orchestra nous livre une étrange chorégraphie exécutée au quotidien par la couche la plus pauvre de la population noire de la ville du Cap. Ces derniers aident les automobilistes à se garer, à prendre des directions, en espérant récupérer une pièce ou un billet. De nombreux immigrés s’y installent, venant majoritairement dela République démocratique du Congo ou d’Afrique de l’ouest, et certains d’entre eux se sont créés cet emploi de fortune (garer votre voiture en échange d’une pièce) qui de par leur gestuelle de l’attente sont une des représentations du climat actuel. Dans une société où les inégalités dominent et où la question de l’immigration est omniprésente, l’artiste met en lumière une réalité due à ces inégalités sociales et raciales.

++>>  www.alexandrakawiak.com.

–          Chloé Tallot : Ragazze, 2004-2011 [extrait de 3’10]

Chloé Tallot est née en 1973, elle vit et travaille à Paris.

Artiste multimédia, Chloé Tallot explore et déstructure les images. Ragazze est une installation composée d’une boucle de diaporama sonore et de photographies. Une installation qui pose une réflexion sur la représentation de la femme, depuis les écorché de Leonard de Vinci jusqu’aux anthropométries de Klein, en passant par Modigliani et Araki. D’ailleurs le film est né suite à l’observation de la peinture « Le nu au coussin blanc, 1917, de Modigliani, qui est la base de l’installation. Grâce à un panel de modifications visuelles, l’artiste déconstruit la représentation traditionnelle et mixe les périodes de l’histoire de l’art. Le modèle va peu à peu sortir du tableau, cesser d’être l’objet du désir et du rêve de l’artiste pour devenir le sujet libre d’une réalité choisie.

++>>  www.chloetallot.com.

Voir le film : http://vimeo.com/7396311

–          Kensuke Koike : Battito / Heartbeat, 2005 [1’]

K. Koike est né en 1980 au Japon. Il vit et travaille à Venise.

Il pratique essentiellement le collage et la vidéo, il procède à des associations d’images étonnantes et troublantes. Le film Battito montre deux écrans interposés où le bras de l’artiste frappant un mur. Il bat le rythme de son propre cœur. Le mouvement du bras extériorise les mouvements internes.

++>>  www.kensukekoike.com.

–          Clémence Coconnier : Mue, 2009 [16’10]

Clémence Coconnier est née en 1978 en France. Elle vit et travaille à.

Chorégraphe et trapéziste, Clémence Coconnier produit une œuvre interdisciplinaire, elle mêle art du cirque, trapèze fixe et danse contemporaine. Elle reformule le cirque traditionnel en le fusionnant avec la danse contemporaine et la performance. Elle expérimente ainsi le contact mouvant être l’air (le vide) et les corps. Elle crée une gestuelle guidée par des sensations aériennes et le rapport à l’apesanteur. Le film Mue est le résultat d’une écriture corporelle, visuelle, personnelle, minimale et tactile.

++>>  http://www.meidosems.com/.

–    Joël Andrianomearisoa : L’Etrange, 2007 [6’41]

Joël Andrianomearisoa est né en 1977 à Madagascar. Il vit et travaille entre Paris et Antananarivo.

Architecte de formation, Joël est un artiste pluridisciplinaire qui explore le textile, la mode, la performance, l’installation, l’architecture et la vidéo. Dans son travail, les styles et les genres s’entrecroisent. Le film l’Etrange se déroule dans une atmosphère angoissante, où un homme nu est mis à l’épreuve de la solitude, d’abord dans un milieu naturel puis dans une maison inhabitée. Son corps y est fragile, éphémère et vulnérable. L’étrange est palpable mais implicite.

« Dans L’étrange, l’artiste filme la nature jusque dans ses moindres frémissements. Il en révèle l’étrangeté sans la dire et la livre au regard comme un premier jour. Elle emplit l’espace et happe le corps-mémoire qui y surgit. Intrusif et secret, il caresse et fouille les entrailles de la matière végétale qui s’offre à lui. Aux heures bleues de la nuit, les flammes qu’il provoque dessinent le présent dans le noir. »  (V. Andriamirado, Revue Noire, 2008)

++>>  www.joelandrianomearisoa.com.

–  Pascal Lièvre : Suicide, 2011 [4’13]

Pascal Lièvre est né en 1963 en France. Il vit et travaille à Paris.

Pascal pratique la performance, la peinture et la vidéo. Un travail mixte où il réinterprète et décode l’histoire de l’art et la philosophie. Suicide est une succession d’extrait du dernier ouvrage de l’artiste et écrivain, Edouard Levé, directement peint sur le corps du modèle. Dans ce livre, Suicide (POL), Edouard Levé raconte le suicide d’un ami qui s’est tiré une balle dans la tête (le lourd pistolet tenu par le modèle y fait écho). Au fil d’un monologue neutre, il s’adresse à son ami disparu, le questionne, raconte des anecdotes sur ses habitudes, son comportement, ses goûts,  son esprit et son apparence. Edouard Levé nous fait peu à peu à la fois entrer dans l’intimité de son ami et dans la sienne puisque le portrait est doublé d’un autoportrait. Edouard Levé s’est suicidé 10 jours après avoir remis le manuscrit du livre à son éditeur.

++>>  www.lievre.fr.

Voir le film : http://www.lievre.fr/index.php?pa=videos&la=fr&an=2011&idf=495

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