EXPOSITION [Texte] /// Réserves – Céline Cléron & Barbara Noiret ///Ecole Supérieure des Beaux-Arts – Angers


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L’exposition de Céline Cléron et de Barbara Noiret est nourrie d’une complicité née alors qu’elles étaient étudiantes à l’Ecole des Beaux-Arts d’Angers. Un lieu commun où elles ont chacune débuté une pratique artistique et où elles ont souhaité revenir autour d’un projet pensé à deux. Constituée d’œuvres anciennes et d’œuvres inédites réalisées sur place, l’exposition est envisagée à la fois comme un dialogue entre deux artistes et comme un regard porté sur leurs parcours respectifs. Céline Cléron mène une pratique de recherche à la fois mémorielle, historique, encyclopédique et archéologique. Ses pièces émergent d’une rencontre entre des souvenirs souvent liés à son expérience personnelle et des savoir-faire oubliés ou encore la découverte d’un mot, d’un objet ou d’une histoire enfouie. Les matériaux utilisés sont aussi fragiles et précieux que les réminiscences résultant d’une sensation, d’un jeu, d’un saisissement. Par l’installation, la photographie, la vidéo et la performance, Barbara Noiret explore des lieux et des territoires pour en révéler l’histoire, les blessures et les éclats. Un travail toujours in situ qui souvent porte une dimension sociale lui permettant d’engager des liens non seulement avec le lieu, son passé et son présent, mais aussi avec ses habitants, leurs quotidiens, isolés et collectifs. Ainsi, elle intervient dans divers lieux : hôpital psychiatrique, maison de retraite, écoles, entreprises, châteaux, musées, et récemment un quartier de la ville d’Evry. À travers deux approches sensibles, les deux artistes partagent un intérêt pour l’éveil de la matière, de l’humain et de la mémoire.

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Barbara Noiret
drapé, 2009
photographie couleur
40 x 60 cm
tirage à 3 exemplaires

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Céline Cléron
Diadumène à la bibliothèque
2011
Copie en plâtre du Diadumène, collection du musée archéologique de Vaison-la-Romaine, bibliothèque en bois
H 220 x l 98 x P 71 cm

Si les démarches ne sont pas les mêmes, il existe des passages, des glissements et des points de correspondances entre leurs trajectoires artistiques. Plusieurs problématiques résonnent entre les pièces : l’Histoire, l’archéologie, la mémoire, le corps et le son. Au fil de l’exposition, celles-ci sont déclinées via différentes combinaisons d’œuvres, qui, par leurs affinités plastiques et conceptuelles, forment une conversation foisonnante. Les artistes s’attachent aux lieux, leurs objets et leurs habitants. Ainsi nous rencontrons la photographie d’un lustre allumé, contrecollée sur une plaque d’aluminium puis découpée pour produire une image en relief. Barbara Noiret tente ici de retrouver le volume du lustre en exploitant ce qui est caché, le support de l’image. En détournant des éléments de costumes caractéristiques de la Renaissance, Céline Cléron révèle le jeu des apparences et instaure une relation subtile entre l’intérieur et l’extérieur. Pendant plusieurs mois, elle confie la parure royale de sa « Régente » à des abeilles, tandis que dans un portrait allégorique le pourpoint d’un chevalier renferme dans son étoffe les cicatrices et les entailles de ses combats. Entre le jeu et l’enjeu perceptif, elles font appel à un imaginaire collectif qu’elles déplacent avec subtilité et poésie.

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Céline Cléron
La Régente, 2006
Tissu, cire d’abeille et miel, tubes acryliques, bois, verre
Vitrine 160,5 x 72 x 61,5 cm

Parce qu’elles entretiennent un goût pour la fouille, la trace et le passage, les deux artistes convoquent les esprits des lieux et leurs dispositifs de stockage : les réserves, les caves, les espaces abandonnés, les bibliothèques. Céline Cléron redonne vie aux formes et  aux témoins du passé : elle réalise les portraits d’une momie conservée au Louvre et d’un groupe de squelettes profitant du buffet d’un vernissage ; elle met au placard les corps de dieux grecs dans une bibliothèque ou dans une longue boîte évoquant celle d’un magicien. De son côté, Barbara Noiret retranscrit par la photographie la présence fantomatique de collections d’objets dissimulés sous des draps, elle loge des corps nus qui se fondent dans les étagères d’une bibliothèque ou projette des images de lieux dans d’autres espaces, recréant ainsi un troisième espace. Qu’il s’agisse d’une image réalisée sur le vif ou savamment orchestrée, Barbara Noiret utilise la contrainte comme point de départ et participe chaque fois à une perception alternative et nouvelle du lieu.

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Barbara Noiret
sans titre, 2005
Domaine de Chamarande
photographie couleur
90 x 130 cm
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L’absorption et la projection apparaissent comme deux axes de recherche. Les éponges végétales de Céline Cléron contiennent de l’encre noire, tandis que Barbara Noiret combine la photographie d’une maison incendiée et une véritable tache de suie qui semble se propager sur le mur. Le sablier en verre renferme les pyramides ensablées (C. Cléron), alors que l’ampouleprojette l’image panoramique d’un intérieur (B. Noiret). Entre le visible et le caché, l’exposition et la protection, les œuvres explorent des territoires ténus. Il en est de même pour le son et le silence. Céline Cléron présente Le Silence des Sirènes, un coquillage poinçonné qui nous rappelle la membrane d’une enceinte muette. Troué de part en part, le coquillage est privé de résonance, il est voué au silence. Parallèlement, le film de Barbara Noiret Orchestre(s), s’articule autour d’une même partition, un rap, interprété par différents musiciens provenant d’un Conservatoire, d’un collège, d’une maison de retraite ou de groupes indépendants.[1] Une ville, Evry, devient l’écrin vivant d’une symphonie urbaine et humaine. Par la déambulation et le croisement des regards, l’exposition génère un balancement permanent entre deux univers, deux imaginaires et deux visions qui, par la forme et la recherche, entrent en relation et produisent un dialogue physique, sensoriel et mémoriel.

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Céline Cléron
Le Silence des Sirènes
2009
Photographie couleur contrecollée sur aluminium
50 x 70 cm
Édition de 3 + 2 EA

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Barbara Noiret
Orchestres
2013

[1] Le soir du vernissage, les élèves du département jazz du Conservatoire à Rayonnement Régional d’Angers se réapproprieront la partition rap.

En savoir plus sur Orchestre(s) / orchestres descriptif

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Céline Cléron / Barbara Noiret
Réserves

Vernissage le jeudi 6 février 2014 à 18h
Performance musicale avec les élèves du département jazz
de Conservatoire à Rayonnement Régional d’Angers

Exposition visible du vendredi 7 février au vendredi 28 mars 2013
du lundi au vendredi de 10h à 12h et de 14h à 18h
Ouverture exceptionnelle lors de la journée portes ouvertes le samedi 22 mars de 10h à 17h

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CELINE CLERON /

http://www.celinecleron.com/

BARBARA NOIRET / http://www.barbara-noiret.com/

ECOLE SUPERIEURE DES BEAUX ARTS – ANGERS / http://angers.esba-talm.fr/reserves/

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