COMPTE RENDU EXPOSITION /// Lee Bae – Musée Guimet /// ARTPRESS.COM


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C’est dans la rotonde du Musée national des arts asiatiques-Guimet qu’est déployée l’exposition personnelle de Lee Bae, conçue comme une scène. Il est impossible de circuler entre les sculptures ou de s’approcher des peintures. La mise à l’écart impose le statut de spectateur. Les œuvres, tels des personnages ou les éléments d’un décor dialoguent non seulement entre elles, mais aussi avec l’espace. Le dessin, le corps et la mémoire structurent l’ensemble. Les peintures résultent d’un processus quasi performatif : un dessin à l’encre de Chine sur feuille de papier, qui est ensuite reporté sur la toile au crayon. Le tracé est amplifié par le passage de la peinture, un subtil mélange de fumée de charbon de bambou et d’acrylique. La peinture est ensuite recouverte de cinq couches d’un lait fixateur semi-transparent. L’artiste enfouit partiellement la forme, pour la faire ressurgir à la surface du lait en appliquant une nouvelle couche de peinture noire. Un dialogue s’établit entre la présence et l’absence des formes et des matériaux. « Les dessins sont la mémoire du corps. » Les sculptures instaurent également une relation physique à la matière brute. Elles sont formées de petits rondins de bois calciné, fixés au moyen de fines cordelettes. Le charbon, matériau de prédilection de Lee Bae, s’inscrit dans une économie de moyen, mais aussi dans une histoire culturelle et corporelle, individuelle et collective.

Julie Crenn

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This show by Lee Bae is set out in the Musée National des Arts Asiatiques-Guimet as if on a stage. It is impossible to move between the sculptures or get close to the paintings, and so we become theatrical spectators. The works are like characters or props that dialogue not only together but also with the space. Drawing, the body and memory structure the ensemble. The paintings result from an almost performative process: the Indian ink drawing on paper is then transposed into pencil on canvas. The application of paint, a subtle mix of bamboo smoke and acrylic, now amplifies the line, which is then covered by five layers of a semi-transparent fixative solution. The artist thus half-buries the form, but then revives it by adding a new layer of black paint on the surface of the fixative. A dialogue develops ­between the presence/absence of the forms and materials. “The drawings are the memory of the body.” The sculptures also institute a physical relation to the raw material. They are made up of small charred logs, held in place by fine rope. Coal, Lee Bae’s favored material, suggests economy of means, but also ­belongs to a history that is both cultural and corporeal, individual and collective.

Julie Crenn
Translation, C. Penwarden

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++ MUSEE GUIMET – Paris

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